La délégation a visité la tour blanche destinée à accueillir l’agence, puis s’est rendue dans la vieille ville avec ses architectures flamandes, avant de participer à un cours à l’École européenne portant le nom de l’ancien président de la Commission, Jacques Delors. En fin de journée, plusieurs participants ont reconnu que le fait d’être le premier à se porter candidat constituait un avantage en soi.
En réalité, le lobbying avait commencé bien plus tôt en coulisses, avec la France en première ligne dans la lutte contre l’afflux croissant de colis inondant l’UE et vendus par des e-commerçants, principalement chinois, comme Shein et Temu. Plusieurs mois auparavant, Paris avait tiré la sonnette d’alarme au sujet des produits dangereux en provenance de ces plateformes, avant d’annoncer la mise en œuvre unilatérale de frais de gestion sur les petits colis.
Une source au Parlement européen, bien informée du vote, a indiqué que les responsables français avaient testé les chances de Lille lors d’une visite à l’aéroport Charles-de-Gaulle en mai dernier. “La plupart des autres candidats n’ont réellement commencé qu’en janvier, ce qui était simplement trop tard”, a déclaré cette source, sous couvert d’anonymat pour parler librement du vote.

La France a également pris en compte le souhait des députés européens de jouer un rôle accru dans le choix de l’emplacement de l’agence.
Dès novembre, l’ambassadeur de la candidature, Laurent Saint-Martin, avait informé POLITICO que l’équipe de Lille contacterait les eurodéputés rapidement. Varsovie est la seule autre candidate à avoir activement sollicité les parlementaires européens, dont les voix ont eu autant de poids que celles des gouvernements nationaux dans la décision — via un nouveau système avec deux votes parallèles.
Yann Favennec a salué “l’enorme travail de lobby” réalisé par Emmanuel Macron jusqu’au jour du vote. Laurent Saint-Martin, ancien ministre du Commerce extérieur, a visité des pays sans candidat, en commençant par Malte. Lille a même traduit sa brochure dans toutes les langues de l’UE, y compris le gaélique irlandais et le grec.













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