Après le large succès des partis de droite lors des élections européennes de juin dernier, la Commission européenne a délaissé l’écologie au profit de la compétitivité. En témoigne sa première initiative majeure de ce nouveau mandat : la “boussole pour la compétitivité”, qui marque un recentrage sur la lutte contre la désindustrialisation, désormais érigée en priorité.
Le Parlement européen s’inscrit lui aussi dans cette nouvelle dynamique. Et aucun groupe n’a opéré un virage aussi radical que le Parti populaire européen (PPE), formation de centre droit à laquelle appartient la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Ce parti demeure le plus influent, tant au Parlement qu’au sein des gouvernements des États membres de l’UE.
Ces dernières années, le PPE a joué un rôle essentiel dans l’adoption des lois climatiques en soutenant des mesures ambitieuses. Pourtant, il remet aujourd’hui en question certaines réglementations qu’il avait lui-même contribué à faire passer.
Si des figures du PPE en Europe centrale et orientale critiquaient depuis longtemps le Pacte vert, jugé trop contraignant, le mouvement s’est récemment amplifié en Europe de l’Ouest, notamment en Allemagne, sous la pression des industries.
Un tournant décisif a eu lieu lors d’une réunion des leaders du PPE à Berlin le mois dernier. Les représentants de la CDU allemande, en bonne position pour reprendre le pouvoir après les élections fédérales anticipées du 23 février, ont présenté une déclaration visant à assouplir plusieurs éléments clés du Pacte vert. Parmi les ajustements envisagés figurent la réduction des objectifs en matière d’énergies renouvelables ainsi qu’un assouplissement de la taxe carbone aux frontières.
Selon un diplomate européen présent lors de la réunion, les dirigeants du PPE ont adopté le document allemand sans opposition, y compris Ursula von der Leyen elle-même, pourtant attachée au Pacte vert, qu’elle considère comme un héritage majeur de son mandat.













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