Dans les intentions de vote, Eric Ciotti arrive en tête, principalement en raison du soutien des électeurs de droite et d’extrême droite, majoritaires dans la Baie des Anges, selon Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. Ciotti, à la tête de l’UDR, micro-parti qu’il a fondé après avoir quitté Les Républicains en 2024, séduit une grande partie des électeurs qui avaient voté LR aux européennes de la même année (51%).
Un autre point à noter : 42% des électeurs niçois qui avaient voté pour Christian Estrosi en 2020 soutiennent désormais Eric Ciotti, qui n’était pas candidat à l’époque. Estrosi, un ancien LR, pourrait perdre “presque la moitié de ses électeurs” des dernières municipales, car “à l’instar du niveau national, une partie de l’électorat de droite traditionnelle bascule vers une offre plus à droite UDR-RN”, précise Jean-Yves Dormagen. “Le phénomène est amplifié à Nice, où la population est très conservatrice.”
La forte implantation locale d’Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes depuis 2007, est également un atout. Ayant présidé le Conseil départemental pendant huit ans, et toujours à la tête de sa commission des finances, il a dirigé la puissante fédération LR locale.
Ciotti pourra compter sur la majorité des électeurs RN (78%) et Reconquête (58%) des européennes, expliquant la marginalisation du candidat zemmouriste, Cédric Vella, crédité à 4%. Pour le député maralpin, il s’agit d’une “réserve de voix sur sa droite” pour le second tour, mais moins importante que celle dont pourrait bénéficier Christian Estrosi.
Estrosi, pour sa part, devra espérer un soutien de la gauche au second tour. “Dès le premier tour, une part conséquente des électeurs Ecologistes et socialistes [des européennes] semblent prêts à voter pour Christian Estrosi, probablement pour contrer Eric Ciotti”, souligne Jean-Yves Dormagen — 31% du contingent Vert de 2024 et autant du côté du PS.
Pour Estrosi, mieux vaudrait que les listes de gauche ne se maintiennent pas. Deux d’entre elles pourraient se qualifier : celle de l’Ecologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par le PS et le Parti communiste et créditée de 12% des suffrages, et celle de l’Insoumise Mireille Damiano, avec 10% des voix.
Cependant, Juliette Chesnel-Le Roux a déjà annoncé qu’elle maintiendrait sa candidature au second tour, avec des bulletins à son nom le 22 mars, si elle franchit le seuil des 10%, ouvrant la voie à une triangulaire.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 11 au 15 février 2026, avec des questionnaires en ligne, sur un échantillon de 937 Français représentatifs de la population niçoise de 18 ans et plus, dont 763 inscrits sur les listes électorales à Nice. L’échantillon est conçu selon la méthode des quotas, basé sur les critères de genre, d’âge et de catégorie socioprofessionnelle. L’enquête a été ajustée selon des critères sociodémographiques (données INSEE) et politiques, sur la base de reconstitutions des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 763 personnes est entre 1,5 et 3,5 points.













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