Voici une version réécrite de l’article en français :
L’organisation a transmis à l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) les premières informations concernant une lettre ouverte signée par huit eurodéputés. Cependant, l’Olaf a ensuite décidé de ne pas donner suite à ce signalement, invoquant des « soupçons insuffisants » pour lancer une enquête formelle.
Dans une réponse écrite, Nicholas Aiossa, directeur adjoint de Transparency International EU, a rappelé que la question avait pourtant été abordée directement avec Ville Itälä, le directeur général de l’Olaf, lors d’une réunion bilatérale le 20 décembre 2022. Il a souligné que les autorités avaient eu l’opportunité de demander des informations complémentaires à ce moment-là.
Une rivalité avec le Parquet européen
Ville Itälä s’efforce aujourd’hui de démontrer la valeur ajoutée de l’Olaf dans un contexte européen de plus en plus tourné vers la lutte anticorruption. Il admet toutefois que certaines limitations nuisent à la transparence, notamment le fait que les rapports de l’agence ne soient pas publics pour des raisons juridiques. Un comité de surveillance veille actuellement à garantir que les enquêtes de l’Olaf ne ciblent pas de manière disproportionnée un camp politique donné.
Sur fond de ces enjeux, une autre source de tension grandit : la rivalité entre l’Olaf et le Parquet européen (BPGE), entité plus récente et dotée de compétences judiciaires que l’Olaf ne possède pas. Cette concurrence engendre parfois des frictions.
En témoigne l’intervention de Laura Codruța Kövesi, la procureure en chef du Parquet européen, lors d’une audition parlementaire. Elle y a pointé du doigt la faiblesse de la coopération entre son institution et l’Olaf, regrettant son faible niveau d’implication dans la détection des faits criminels à l’échelle européenne.
Une critique que Ville Itälä a jugée injustifiée.
« J’ai été un peu surpris qu’elle ne m’ait pas contacté avant d’exprimer publiquement ces critiques. Ce n’était pas la meilleure manière d’agir, » a-t-il déclaré. « Nous avons vingt-cinq ans d’expérience dans ce domaine, et la coopération a toujours été une priorité pour nous. »
Rappelons que près de deux ans après que l’Olaf a écarté le signalement sur Huawei, les autorités judiciaires belges mènent toujours l’enquête. Elles cherchent à déterminer si l’entreprise chinoise aurait versé des paiements illicites afin de faire rédiger et signer par huit eurodéputés une lettre ouverte soutenant ses intérêts.
Article initialement publié en anglais par POLITICO, traduit et édité en français par Jean-Christophe Catalon.













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